Histoire du RAMCAS

La naissance de cette association de ferrovipathes endurcis a eu lieu, comme il se doit, dans une gare, au mois de Janvier 1971. 

S'en est suivie la traditionnelle quête d'un local, et le début de la construction d'un réseau. Avec une particularité, et de taille : l'alliance entre le club et une autre entité ferroviphile, elle aussi nouvellement « créée » à Mulhouse cette année là : j'ai nommé le Musée Français du Chemin de Fer (Actuellement la Cité du Train).

Il fut ainsi décidé que le réseau du RAMCAS pourrait prendre place...dans une voiture! Il s'agissait d'une voiture d'express de l'ancienne compagnie du Paris-Orléans (qui existe toujours et abrite désormais l'AMEEF, Association Mulhousienne d'Etudes et d'Excursions Ferroviaires), faisant partie de la collection du Musée, situé à l'époque dans l'enceinte de l'ex-dépôt de Mulhouse-Nord (dont les rotondes ont été rasées quelques années plus tard). Et de plus, cette maquette devait pouvoir être visitée...Autant de difficultés surmontées avec brio par l'équipe de l'époque.

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(Cliquez sur les images pour les visualiser en grand format)

Après moults travaux de menuiserie, câblage, décoration et essais en tous genres, le réseau est prêt...pour l'inauguration officielle du « Wagon-Maquette », les 7 et 8 Juin 1975.

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Ce réseau présentait une autre particularité, certainement unique à l'époque : il était entièrement automatique, et sa mise en route était effectuée à la demande par le visiteur, quand celui-ci glissait une pièce dans un monnayeur.

Cette caractéristique implique certaines contraintes particulières auxquelles ont dû faire face les concepteurs. La première étant bien entendu le tracé : qui dit local de grande longueur et de faible largeur dit réseau étiré et courbes serrées...On obtient ainsi un rectangle de 8m par 1m60, dans lequel cheminent deux circuits à voie et sens uniques, à croisements à niveaux différents, réservés aux circulations automatiques, et comportant chacun un évitement. Des échanges entre ces circuits sont possibles manuellement en gare. Le développement total dépassait 100m de voies. Enfin, deux communications donnaient accès à l'atelier, pour l'échange ou la maintenance du matériel.

 

Ce matériel était lui aussi soumis à rude épreuve, et les rames présentes sur le réseau devaient pouvoir assurer une semaine de service ininterrompu. A l'époque, seules les machines Fleischmann et Märklin-Hamo savaient se faire oublier...Nous conservons pieusement un escadron de 150-X Märklin, qui malgré un aspect quelque peu défraichi, sont prêtes à repartir, et ce, malgré une immobilisation de plusieurs années sans entretien!! (Vous avez dit Panzer???)

 

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Le décor est créé sur une structure de grillage, monté sur couples en contreplaqué, et recouvert de bandes plâtrées. Il faisait appel à une multitude de techniques, souvent artisanales et à base de matériaux de récupération... notamment de véritables roches! Certains éléments sont amovibles, permettant leur réalisation confortablement à domicile. Derrière la gare centrale, le fond de décor avait été superbement peint par Monsieur Roger DOREZ, alors en résidence à Mulhouse.

 

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Et comment cela fonctionnait-il? Avec les solutions fiables de l'époque. Le réseau était découpé en 22 cantons sur les deux boucles et 8 zones de gare. Ces cantons étaient alimentés par des relais, récupérés... sur un ordinateur IBM qui partait à la casse!! Ces relais assuraient également la détection de convois et leur protection sur les cantons, ainsi que l'animation de la signalisation. Soit un total de 111 relais, pour 840 contacts!

Pour faire fonctionner tout cela, il fallait une alimentation à la hauteur : celle-ci, de fabrication maison, délivrait du courant redressé double alternance, sans stabilisation. Sa puissance était de 3000VA, nécessaire pour faire face à des locomotives très gourmandes, à l'alimentation des relais, ainsi qu'à l'éclairage du réseau.

 

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Le fonctionnement pouvait être soit automatique (avec séquence jour/nuit), suivant un programme (modifiable) préétabli, soit manuel, en présence de membres, à partir du pupitre.

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Ce réseau aura vécu une demi-douzaine d'années, car suite au déménagement du Musée à son emplacement actuel, le RAMCAS s'est vu offrir un beau nouveau local en dur dans le hall d'accueil, permettant la construction d'un nouveau réseau plus vaste, tout en conservant un atelier de taille conséquente! Nous dûmes donc faire place nette dans la voiture PO, qui a depuis accueilli une autre association. De ce réseau ne subsiste comme pièce remarquable que le grand viaduc... Nous sommes en 1976, et l'histoire continue!

Le grand réseau fixe

 

Le RAMCAS et le Musée Français du chemin de Fer ont signé une convention, où le premier est abrité par le second à condition d'assurer une animation basée sur un réseau ferroviaire miniature.

La première étape, au temps ou le club s'était offert une voiture voyageurs (récemment démolie), était un réseau logé dans l'espace compartiments de cette voiture, les visiteurs pouvant l'admirer au travers de vitres (voir Histoire).

Puis le musée a déménagé de l'ancien dépôt SNCF de Mulhouse-Nord jusqu'à son emplacement actuel de Dornach, où le RAMCAS a pu bénéficier d'un nouvel espace plus pratique, comportant un véritable local-atelier, et d'un espace « vitrine » vaste permettant la construction d'un vaste réseau. Si vous avez visité le musée ces 20 dernières années, vous l'avez forcément aperçu... Malheureusement, miné par les infiltrations d'eau, et condamné par les travaux d'agrandissement du musée, ce réseau a dû être démantelé.

Voici donc en quelques photos ce que l'on pouvait voir en tant que visiteur (cliquez sur les vignettes pour agrandir les photos) :

3 vues côté spectateur, derrière la « vitrine » : de gauche à drote, la partie montagneuse, la ville et la gare, et le dépôt.

Vues des coulisses : les voies de la gare, le dépôt à l'extrémité droite du réseau, et la partie montagneuse camouflant la double rampe hélicoïdale.

Vues aériennes du dépôt, de la gare et des voies de passage à l'arrière, qui s'enfoncent dans la montagne.

La face cachée du réseau : les voies se rebouclent à l'arrière, et un grill permet de varier les circulations. Les rampes hélicoïdales permettent la communication avec l'avant du réseau. Sur les 2 dernières vues, on aperçoit en bas les deux voies aux échelles O « tin plate » et I (1/43,5° et 1/32°).

Photos R.Wasmer

Ce réseau avait été conçu pour un fonctionnement entièrement automatique, actionné par monnayeur, 7 jours sur 7. Il comportait principalement 5 boucles indépendantes, dont 3 sont équipées d'un cantonnement. Des garages permettaient la formation et le changement des rames en circulation. A signaler également un ovale à l'échelle I (1/32°), et un autre en Zéro (1/45°), 3 rails, pour trains jouets « tin plate ».

Malheureusement, après un quart de siècle d'existence, et pour faire place nette en prévision des travaux d'agrandissement du musée, nous avons dû démonter ce que nos prédécesseurs avaient mis tant de temps à construire. Espérons que, tel le phénix, il renaîtra de ses cendres...

(photos R.Wasmer)

Maintenant, la place est libre...En attendant notre déménagement, nous avons pu installer nos modules à la place du réseau, nous permettant ainsi de travailler (enfin) à l'aise, de tester leur bon fonctionnement et de montrer aux visiteurs ce qu'est le modélisme ferroviaire, même si ceux-ci préfèrent grandement une maquette plus animée et surchargée...Le compromis est très ardu à trouver!

(photoJL.Tuleau)

Nos modules lors de l'Expo RAMCAS de 1996, devant la 140-344 Etat. Et toujours les guignols de service...

Le réseau modulaire

 

La construction des premiers modules remonte à 1995. Cela a été la concrétisation d'une envie de changement : d'abord travailler sur autre chose que notre grand réseau fixe, ensuite nous permettre de sortir en exposition afin de nous faire connaître. Ce projet a donné (et donne toujours) l'occasion à la « jeunesse » du club de s'exprimer. Ainsi, sous l'égide de quelques adultes, est né le premier élément, un module aux normes FFMF, équipé d'une section de double voie (la ferme). A ce module se sont petit à petit ajoutés une gare, son extension avec bifurcation et évocation d'un village en surplomb. Les ont rejoint deux modules plus « montagnards », ou la voie s'engouffre dans un tunnel. C'est ainsi harnachés que notre réseau modulaire a subi l'épreuve du feu, notre exposition de 1996, où le tour de force a consisté à boucler l'ovale :

(photo J.L.Tuleau)

Au fil du temps, le réseau s'est étoffé, avec de nouveaux modules, la reprise des 2 modules en tunnel destinés aux deux extrémités, et enfin, récemment, la construction du reste de l'ovale, non décoré, avec grill de stockage à l'arrière permettant la variation des circulations, le tout caché par des plaques de fond de décor. Cela correspond au plan suivant :

(cliquez pour agrandir)

Depuis l'origine, quelques modifications ont été opérées, sur le plan de voie (ajout d'une voie à quai en gare, avec aller-retour automatique vers la voie cachée), au niveau fonctionnement (block système Acemo), et décor. Actuellement un module « dépôt » est en cours de construction, s'intercalant entre les 6 modules centraux et le demi-tour de gauche. Cela pour permettre quelques manoeuvres, à la fois pour rendre plus vivant le réseau, et aussi pour donner de l'occupation aux expoitants! Ce module serait raccordé aux grills de stockage, voire même à la gare, par la voie cachée sous la colline.

Assez parlé, découvrons ensemble ce réseau par un petit reportage photo...(cliquez sur les vignettes pour agrandir les photos) :

Vue d'ensemble, avec Franck au fer à souder – La partie gauche, avec le premier module réalisé – La partie droite.

Le tunnel de gauche, avec « l'oeil de la sorcière » - La gare et le village – La sortie du tunnel débouchant sur un pont

Le convoi s'éloigne du tunnel, et passe devant la ferme (moulin sarthois Jouef modifié).

Un campeur près de la rivière – Des vaches qui ne regardent pas passer les trains...- La gare, en plein travaux.

La bifurcation à la sortie de la gare – le tunnel côté droit, et son passage à niveau.

La ferme de droite – le bout du tunnel? - le PN, et le vignoble.

Le fermier en vadrouile – Le p'tit coin...

Photos B.Frey

La voie, sur les parties décorées, est de la Peco Streamline code75 (le profilé fait 75 millièmes de pouce de haut), permettant la circulation de matériels roulants variés. L'ossature est en contreplaqué de 12mm, cloisonné. Le relief est constitué de bandes de papier absorbant encollé, recouvert de matériaux divers (sciure de bois pour les reliefs, sables, graviers, flocages Heki, Woodland Scenics...). La végétation est constituée principalement de Zeeschium (écume de mer), mais aussi d'asparagus et d'autres plantes intéressantes de par leur formes. Les bâtiments sont principalement de provenance Jouef et MKD, tous plus ou moins modifiés.

Ces modules sont actuellement montés à l'emplacement du défunt réseau fixe, et les séances de travail continuent...en vue des prochaines expositions, et surtout pour le plaisir des membres.